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De Vous À Moi...

  • : Mélimélo des sens ou le plaisir des mots
  • Mélimélo des sens ou le plaisir des mots
  • : Ce blog né sans but précis, si ce n'est le plaisir de m'ouvrir à vous, ami lecteur. De l'envie de partager tout le fourbi qui gravite dans ma tête, de l'oppression de certains actes choquants ou bouleversants, de ma nécessité de donner, mais aussi de cette capacité à formuler mes abnégations et mes interactions sociales ou mentales, je vais me livrer à vous. Je vous offre mes écrits, mon coeur et mes mots. N'hésitez pas à me laisser vos impressions ou juste un bonjour en passant... Amitié Laure.
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Infos Auteure :

Dédicaces 2013 : Planing construction A paraitre 2013 : Premier livre jeunesse « Matin Chagrin » Deuxième roman « Plus ne m’est rien sans toi »

Mon premier roman

PAR'ANGE 

 

par'ange

Ma première nouvelle publiée

"Un instant pour disparaitre"

dans le recueil de textes

"Pourtant elle tourne!"

paru aux éditions du Roure

 

pourtant%20elle%20tourne

25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 22:14

Aujourd’hui, nous sommes allé nous promener à la foire du folkore de Gannat. Après la ballade, mon mari a proposé d’aller voir sa sœur pour lui faire un coucou. Notre chemin du retour a donc été différent de l’aller. Chance ou malchance ? Je préfère dire que c’est une chance.

Avant de bifurquer sur la gauche en direction d’Escurolles, juste après la sortie de Gannat, nous avons croisé deux voitures. Je ne sais pas laquelle abritait les ORDURES pour lequel ce message est destiné.

D’un coup, nous avons vu une petite chose rousse tourner sur elle-même en plein milieu de notre voix, visiblement tapée par une voiture ? Non, balancée d’une voiture !

Mon mari a freiné, s’est arrêté, a mis les warning alors que je lui répétais de ne pas le faire. Les morts c’est dur à assumer même si ce n’est pas vous qui êtes responsable de leur décès. Puis, il est sorti de la voiture pour aller ramasser le petit être ensanglanté. Il me l’a confié et j’ai craqué de douleur devant elle. Un bébé chat roux, calme, docile, affectueux venait de rentrer dans nos vies. Le menton arraché juste derrière les moustaches, le cou pelé par le bitume, l’oreille déchirée mais je ne sais par quel miracle, vivante.

À force de câlins et d’attention, nous la réconfortons. Je l’ai lavée et soignée. Mais je garde une colère. Une incompréhension face à mes semblables qui rivalisent entre eux d’inhumanité !

P***in, mais ça vous ferait mal au cul de respecter la vie merde !

Allez vous pendre au lieu de faire n’importe quoi !

Dans notre foyer composé de sept humains, deux chiens et trois chats à temps complet, nous sommes un p’tit peu à l’étroit mais notre cœur est grand, c’est pourquoi « Michoulette » (michou au féminin - prénom provisoire promis :) on attend le retour des enfants pour qu’ils lui en choisissent un de plus joli lol) va rester avec nous. Pour les années à venir.

D’ici quelques mois, nous la ferons stériliser car nous refusons de faire faire des portées à nos animaux. Trop de bêtes sont en souffrance sur notre belle planète pour que nous en rajoutions.

Ceci est le témoignage de notre dégoût de l’Homme actuel qui se permet des actes odieux comme celui-ci. Et dire que l’Homme est un être doué d’intelligence, ce qui normalement le différencie de l’animal. Sauf qu’un animal ne ferait pas ça !

Cela me désespère…

laure Verschuère - Auteur
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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 15:29

Auteur inconnu

Mon garçon, ton vieux père a noté que, jour après jour, par de ravissantes jeunes filles tu étais attiré. C'est très bien ainsi : tu vas connaître le meilleur et le pire de cette vie ! Mais je te vois fort jeune et inexpérimenté, j'ai donc quelques conseils à te donner car, depuis longtemps, bien longtemps, sur ce chemin je t'ai précédé !

1) Il faut savoir que quand tu remarques une fille dans une pièce, cela fait un quart d'heure qu'elle t'a remarqué.

2) Il faut savoir que la seule chose à faire pour l'aborder est de lui parler. Il faut être drôle, mais qu'importe le sujet car

3) Il faut savoir que le plus beau discours peut être détruit par une mauvaise haleine, un vêtement taché ou des gestes trop déplacés.

4) Il faut savoir qu'une jeune fille sait exactement ce qu'elle te montre et ce qu'elle te cache. Tu peux profiter de cette beauté à tes yeux dévoilés mais

5) Il faut savoir que se montrer trop insistant est totalement déplacé !

6) Il faut savoir que, toutefois, le pire serait d'ignorer totalement ce charmant décolleté !

7) Il faut savoir qu'il est inutile de demander à une fille si elle est seule ou en couple : il suffit de regarder la longueur de sa jupe !

Voilà mon garçon, j'ai répondu à tes questions ou plutôt à ton obsession : comment aborder une fille ? Mais, je te rassure, si tu lui plais, vraiment, tu peux accumuler les gaffes ; quand vous vivrez, ensemble, elle te dira tout, en riant ! Mais, maintenant, je vais te dire ce qui est vraiment important !

1) Il faut savoir que tu vois son corps, mais si tu comptes, vraiment, pour elle, elle verra à travers toi, le corps de votre enfant !

2) Il faut savoir qu'elle changera plus vite, et plus profondément que toi, surtout si tu lui donnes cet enfant! Car

3) Il faut savoir que se marier n'est pas grand-chose, mais une mère n'a plus grand-chose à voir avec une jeune fille ! Mais

4) Il faut savoir que, devenu père, tu ne changeras pas et que cela va diablement l'exaspérer !

5) Il faut savoir que si tu es jaloux de cet enfant, tu te trompes, car, pour elle, te choisir comme père de son enfant est la plus belle preuve d'amour sur terre !

6) Il faut savoir que, quand l'enfant sera là, vous serez toujours trois, même dans l'amour !

7) Il faut savoir qu'un jour cela sera à toi, de donner à ton garçon, tous ces précieux conseils, pour une vie d'amour… à plusieurs !!!

laure Verschuère - Auteur
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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 19:49

Lui

Prise dans le tournis de la déception qui me submerge, je peine à garder pied. Mais qu’est ce que je suis bête ! La colère me prend. Me tient. M’étouffe. Je suis à vif. Saignée par ma bêtise et cet outrage dont mon foyer est victime. Comment se peut-il que je n’ai rien vu venir ? Comment se fait-il que j’ai pu me laisser abuser ainsi ? Je ne comprends pas. Mais je salue le professionnalisme des voleurs. Leur brio à arnaquer les êtres incrédules. Punaise ! combien de cœur à l’ouvrage pour me voler 250€ ! Et ô combien de fourberies !

Voilà mon témoignage… :

Depuis quelques mois, avec mon mari et mes enfants, nous avons décidé d’adopter un chiot. Un racé ou un batard peu importait du moment qu’il soit tendre et joueur. Notre choix a oscillé qu’un court temps et malgré les difficultés nous avons opté pour un mixte entre le rottweiler et le beauceron ou les deux réunis. La tache était ardue. Tant les annonces foisonnaient de partout. Notre recherche était simple. Basée sur un cadre familial et une chaleur humaine décelable.

Au fur et à mesure des annonces, nous nous attendrissions. « Il » était attendu. Déjà aimé alors qu’il n’avait pas de visage ni de corps. Après des mois de recherche, une annonce répondit à tous nos critères : vie de famille, sociabilité avec les animaux et les enfants, … Nous avons communiqué deux semaines avec les propriétaires du chiot qui nous intéressait. Un monsieur d’origines camerounaises (au son de sa voix) nous a répondu par téléphone. Son français était correct même si difficile à comprendre avec son accent (pas du tout corse). Ce monsieur nous avait précisé qu’ils avaient déménagés du sud de la France dans le sud de la corse et qu’ils avaient peu de temps pour s’occuper de leurs deux chiots. Un mâle et une femelle. Evidement, on a rien vu venir.

Leurs messages étaient attentionnés. Garnis de photos et de réserves quand à l’éducation futur du chiot ainsi que de papiers d’identité. La dame avait soit disant une grossesse difficile et le monsieur travaillait toute la journée ce qui ne leur permettait pas de s’occuper des chiots.

Puis le dimanche 29 juin 2014 tout s’est enchainé. Le monsieur nous a pressé d’un coup. De telle sorte que nos réserves sont tombées en sourdines. Le lendemain matin, le chiot était soit disant déposé dans une compagnie animalière qui à l’aide de vétérinaires via un fret par Air Corsica, serait chargé de nous acheminer notre chiot jusqu’à notre domicile.

C’était gros. C’était beau aussi et c’est peut être pour cela que notre méfiance a été ensevelie sous les décombres de notre envie.

Le lundi, le harcèlement téléphonique a opéré. Fallait payer d’avance le transport. 250 € par coupon PCS Master Card. Je ne connaissais pas ce moyen de paiement. Pas du tout. Mais là encore, je ne me suis pas méfiée. Quelle idiote ! Une fois les 250 € payés et un nouvel appel de la soit disant compagnie de transport animalier, un message urgent est arrivé dans ma boite mail et un appel me précisant que la cage dans lequel le chiot a été déposé le matin n'allait pas. Elle était prévu pour un chien adulte et les services de la douane et de la SPA refusaient l’envol du chiot car ce dernier risquait d’arriver mort à destination. Il nous était donc demandé soit de louer une cage adéquate soit d’en acheter une. 400€ pour la location avec remboursement à 98% lors de la restitution ou 800 € l’achat.

Et c’est là que mon cerveau a enfin tiké ! ou est-ce mon porte monnaie ???? Je ne sais pas. Je ne sais toujours pas, mais toujours est-il que là cela n’allait plus du tout. Ma tête raisonnait. Mon corps s’est abattu et le mot ARNAQUE venait claquer sur tous les bords de mon crane. Mais comment n’ai-je pu rien voir venir ? Moi qui suis de formation comptable, qui ai travaillé en entreprise, qui ai suivi des dossiers de recouvrement, qui ai suivi des dossiers d’huissier et d’avocat, comment n’ai-je pas compris que cette compagnie était bidon ???? Pas de numéro d’inscription au registre du commerce. Pas d’adresse vérifiable. Pas de responsable. Toujours la même personne au téléphone. Pas de marguerite d’appel ni de chargé d’affaire qui reprend les conversations lorsque le conseiller s’énerve, ni même de petit message sur les conversations enregistrées. Non mais je suis conne ou quoi ?

La colère me reprend. J’ai du mal avec le vol. J’ai du mal à être diminuée et là où je m’en veut le plus c’est d’avoir mêlé l’argent de notre famille, les rêves de nos enfants et lui. Lui, ce petit être que nous aimions déjà et qui ne nous rejoindra pas cet été. Je suis déçue. Abattue car ce soir, je me dois d’expliquer à mes enfants que non, « il » ne viendra pas chez nous. L’argent prévu pour lui s’est envolé. Notre argent. Nos rêves, quelqu’un nous les a tout simplement volé. Et c’est moi la fautive. Moi l’adulte qui n’a rien vu venir. L’adulte qui leur apprend qu’ils doivent se protéger de tout et qui ne se rend même pas compte qu’elle s’est fait voler…

Ces gens se font appeler madame aurélia Bouys et son mari. Domiciliés dans le sud de la France ou en corse si tenté que cela soit vrai.

laure Verschuère - Auteur
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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 19:37

Décidée à faire cesser ce qui me gêne, je reprends la plume. Ce blog a été ouvert en 2010 quand mon cœur en avait le plus besoin. Il m’a permit de me ressourcer. De chasser mon quotidien dans des mots, des discussions, des ouvertures virtuelles sur un monde plus beau et malheureusement des gens pires que ce que je croyais aussi.

Le net hormis sa capacité à tout dématérialiser en un instant que ce soit les sentiments et les êtres, m’a permis de rencontrer des personnes. Des vrais, comme mon mari et des fausses comme des escrocs. Tous ces pourvoyeurs d’euros qui pullulent avidement dans des arnaques plus basses les unes que les autres.

Mais tant pis, au bout de ces quatre années, je ne retient qu’une chose : J’ai grandi. Oui, grandi grâce à ce blog alors je vais reprendre là où l’année dernière je m’étais essoufflée en commençant par vous parler d’un truc…

Lui.

laure Verschuère - Auteur
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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 22:09

Au décès d'un vieil homme dans la salle d'hôpital gériatrique d'un foyer de soins infirmiers dans une ville australienne, on a cru qu'il n'avait plus rien. Plus tard, quand les infirmières ont fouillé à travers ses maigres biens, elles ont trouvé ce poème. Sa qualité et son contenu impressionnèrent tellement le personnel, que des copies ont été faites et distribuées à chaque infirmière de l'hôpital. Le poème unique du vieil homme a depuis été publié dans les éditions de Noël des magazines du pays et est apparue dans des magazines consacrés à la santé mentale. Ce vieillard, avec rien à donner au monde, est maintenant l'auteur de ce poème « anonyme » célèbre sur internet...

«Le vieil homme grincheux »

Que voyez-vous, infirmières?...Que voyez-vous ?
À quoi pensez-vous... quand vous me regardez ?
À un vieil homme grincheux...pas très sage.
Habituellement incertain... avec les yeux lointains ?
Qui évite sa nourriture... et qui ne répond pas.
Quand vous dites à haute voix... « Je veux que vous essayez! »
Qui ne semble ne pas remarquer... les choses que vous faites.
Et qui perd toujours... une chaussette ou un soulier ?
Qui, résistant ou non... vous permet de faire ce que vous voulez,
Me lavant et me nourrissant... longue journée à remplir ?
Est-ce à quoi vous pensez?...Est-ce ce que vous voyez?
Alors ouvrez donc vos yeux, infirmières... vous ne me regardez pas.
Je vais vous dire qui je suis... pendant que je suis bien assis ici.
Pendant que je fais ce que vous voulez... que j'ai mangé à votre volonté.
Je suis un jeune enfant de dix ans... avec un père et une mère,
Des frères et sœurs... qui s'aiment les uns les autres.
Un jeune garçon de seize ans... avec des ailes au lieu des pieds,
Rêvant que bientôt... une amoureuse je rencontrerai.
Un mari maintenant à vingt ans... mon cœur fait un bond.
Me rappelant les vœux… que j'ai promis d’honorer.
À vingt-cinq ans, maintenant...j'ai un fils à moi,
Qui a besoin de ma guidance... et d’un foyer heureux et sécurisant.
Un homme de trente ans... mon fils maintenant grandi vite,
Liés l’un à l'autre... avec des liens faits pour durer.
À quarante ans, mon jeune fils... a grandi et est parti,
Mais ma femme est à côté de moi... pour s’assurer que je ne pleure pas.
À cinquante ans, une fois de plus... les bébés s’agrippent à mes genoux,
Encore une fois, nous connaissons l’enfance... ma bien-aimée et moi.
Les jours sombres sont sur moi... ma femme est maintenant morte.
Je regarde l'avenir...je frémis d'effroi.
Pendant que mes enfants élèvent... des jeunes qui leur sont propres,
Je pense aux années... et à l'amour que j'ai connu.
Je suis maintenant un vieil homme... et la nature est cruelle,
Faite pour rendre la vieillesse... avoir l’air stupide.
Le corps s'émiette... la grâce et la vigueur, parties.
Il y a maintenant une pierre... où autrefois j’avais un cœur.
Mais à l'intérieur de cette vieille carcasse... un jeune homme habite toujours,
Et de temps à autre... mon cœur battu se gonfle.
Je me souviens de la joie...je me souviens de la douleur,
Et j’aime et je vis... la vie encore une fois.
Je pense aux années, trop peu nombreuses... passées trop vite,
Et j’accepte le fait austère... que rien ne peut durer.
Alors ouvrez vos yeux, les gens... ouvrez et voyez,
Pas un vieil homme grincheux, regardez de plus près, voyez…Moi !

laure Verschuère - Auteur
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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 11:21

Pour célébrer la rentrée littéraire, j’ai le plaisir d’annoncer la sortie de mon deuxième roman.

« Plus ne m’est rien sans toi » sera disponible dès le 1er décembre 2013 aux éditions L’encre parfumée de Lys.

Dès que le visuel sera dispo, je vous le transmettrais :)

Bonne journée,

Laure.

28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 12:01

Info Salon du Livre...

 

Ce week-end aura lieu le salon du Livre du Lions Club Le Chesnay Rocquencourt dans la ville du Chesnay (78 150)

Adresse : Mairie - 9 rue Pottier - salle Maurice Cointe

Horraires : 10h30 - 19h

Je vous y retrouverais avec plaisir, entourée de mes amis auteurs et éditeurs.

Un super sympa week-end parisiens se propose à nous.

Amitiés,

Laure.

27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 15:01
Je ne sais pas si mon commentaire va être approuvé par Amazon alors, je le remets ici...

Titre : Temporairement en rupture de stock?

Déçue par ces mots, je me retourne, ouvre l'armoire de ma chambre et caresse la pile de livres. Une soixantaine d’ouvrages attendent des lecteurs, ici, en Auvergne. Sur la région parisienne, une vingtaine d’autres exemplaires patientent eux aussi. À la recherche de mains délicates, dans des salons littéraires et des boutiques.
... Alors pourquoi écrire qu'il est en rupture de stock?
Pourquoi ainsi décourager d'éventuels lecteurs?
Je ne comprends pas…
En écrivant cet hommage, j’ai voulu faire vivre un ange. Rendre l’étincelle d’amour d’une maman visible à tous. Eclairer les esprits torturés par sa disparition et apaiser nos souffrances… Mais si personne ne joue le jeu du référencement web, comment transmettre cet hommage si important pour moi et sa famille ?
Déçue, oui, beaucoup… par ce monde de l’édition qui ne fait que du commercial et plus d’humain.
Amitiés,
L. VERSCHUERE
5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 16:57

Lettre d'un correcteur adressée à un éditeur ...

 

Je ne vous raconterai pas de salades : je n’avais pas une très grande idée des livres de monsieur M, sans avoir pris la peine d’en lire un, ce qui est mal. Ce jeune auteur “passionné de littérature” souffre sans doute de ce terrible a priori et on le comprend. Or j’ai eu tantôt l’occasion de feuilleter son roman qui s’est vendu, dit-on, plus de deux millions d’exemplaires. Force m’est de reconnaître que c’est beaucoup plus mauvais que je ne pensais, et que je ne puis lire désormais sans ricaner, dans un article du Figaro consacré à votre poulain :

 

"Le travail sur le texte. M. s'inscrit parfaitement dans cette rude école d’éditeur. Car il faut accepter de travailler et de travailler encore sur le texte.»

 

Monsieur, c’est une plaisanterie et je sais de quoi je parle. Depuis près d’une dizaine d’années, j’ai l’honneur contestable de travailler, en qualité de rewriter, pour le compte d’une maison bien connue spécialisée dans la romance à l’eau de rose. J’estime peu ce genre mais j’applique tout mon zèle et ma conscience professionnelle, la seule forme de conscience valable selon certains, à faire en sorte que ces romans écrits à la chaîne et traduits de même paraissent au pays de Molière dans un français correct. Quelle ne fut pas ma surprise de lire, en tête de la deuxième page du livre.

 

Juliette lança un bras aléatoire vers la table de nuit qui projeta le radio- réveil sur le sol.

 

Cette phrase, un rewriter digne de ce nom ne l’aurait pas laissé passer. J’en conclus logiquement que votre correcteur, car je ne peux imaginer que vous n’en employez pas un, monsieur M ayant peut-être mieux à faire que se relire, j’en conclus logiquement que votre correcteur est un jean-foutre et un incompétent. La maladresse de la construction vous aura sauté aux yeux : tel que c’est écrit, on est en droit de penser que c’est la table de nuit qui a projeté le radio réveil sur le sol. Une telle interprétation est exclue, sans même parler de réalisme, car la suite du texte n’accorde à cette table de nuit aucun rôle particulier : elle n’est clairement pas douée de vie. Il eût été pourtant si facile ― scandaleusement facile, même ― d’écrire : Juliette lança vers la table de nuit un bras aléatoire qui projeta le radio-réveil sur le sol.

 

Dans un premier temps. Car notre correcteur consciencieux se serait ensuite penché sur le cas de ce “bras aléatoire”. Ce raccourci est un effet plus que douteux. Monsieur M aura voulu dire que son héroïne ― “espiègle”, “sexy " et "mutine”, comme il la qualifiera dans les paragraphes suivants, avec un brio auquel mon gagne-pain m’a habitué ― a lancé vers notre table de nuit un bras sans en déterminer au préalable la direction, autrement dit d’une façon hasardeuse. Aléatoire n’est pas tout à fait un synonyme de hasardeux. Le mot a pu avoir un certain chic mais il n’en reste pas moins qu’il signifie “soumis au hasard”. On dira par exemple que le succès d’un livre est aléatoire (dans des proportions que s’efforce d’ailleurs de rendre raisonnables votre directeur du marketing). Peut-on écrire sérieusement, Monsieur, “Juliette lança vers la table de nuit un bras soumis au hasard qui projeta le radio-réveil sur le sol” ? Je ne le pense pas. Nous aurions corrigé ainsi : Juliette lança, d’une façon hasardeuse, vers la table de nuit, un bras, qui projeta le radio-réveil sur le sol.

 

Mais nous n’en aurions pas fini. Projeter, en effet, est impropre dans le contexte. À tout le moins, c’est une exagération. Ce verbe signifie “jeter loin en avant, avec force”. Ce n’est pas ce que semble faire notre bras, aléatoire ou pas. Ou bien Juliette est dotée d’une force surhumaine et incontrôlable, ce que la suite du texte n’indique pas.

 

Juliette lança, d’une façon hasardeuse, vers la table de nuit, un bras, qui fit tomber le radio-réveil sur le sol.

 

Voilà tout de suite qui paraît plus plausible. Mais alors ― soudain, comme dirait monsieur M. ― nous nous avisons de la superfluité de ce “sur le sol”. Où, ailleurs que sur le sol, notre radio-réveil pourrait-il tomber ? De savoureux cas particuliers sont toujours possibles, mais en l’occurrence nous sommes dans la chambre tout ce qu’il y a de plus banale d’une jeune femme tout ce qu’il y a de plus banale et c’est donc sur le sol, nécessairement, que choit le radio-réveil. Comme nos corrections précédentes ont quelque peu alourdi la phrase originale, c’est d’autant plus volontiers que nous sacrifierons cette précision inutile.

 

Juliette lança, d’une façon hasardeuse, vers la table de nuit, un bras, qui fit tomber le radio-réveil.

 

Cela, je l’avoue, ne me satisfait pas. Je vois bien que toutes ces incises entravent la lecture et foutent par terre la rapidité cavalière voulue par monsieur M. C’est que j’ai trop cherché à respecter l’original. Pas la peine de se voiler la face : cette phrase était complètement naze et il faut la refaire entièrement.

 

 Juliette lança à l’aveuglette un bras vers le radio-réveil et le fit tomber de la table de nuit.

 

N’est-ce pas infiniment plus clair ? Toute l’erreur de monsieur M consistait à faire de la table de nuit la cible du bras de Juliette, alors que c’était le radio-réveil qu’elle visait, fût-ce approximativement. La moindre des choses que l’on soit en droit d’exiger d’un auteur ayant le front de commencer un livre par une telle péripétie, c’est que celle-ci soit exprimée en bon français. Nul besoin de vous dire que le reste du livre est à l’avenant, et nécessiterait un travail similaire à celui que je viens ― gratuitement ― d’effectuer. C’est pourquoi, au nom d’une certaine idée de la dignité éditoriale et alléché par l’appât du gain, je vous prie de considérer etc.

laure Verschuère - Auteur - dans Reflexion
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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 17:26

C'est avec de la joie et beaucoup de projets pour cette nouvelle année que je viens souhaiter aux amoureux de la toile une belle et heureuse nouvelle année!!!

Gros bisous à tous,

Laure.

laure Verschuère - Auteur
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